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title: "Le 1er mars 2026"
date: 2026-03-01T22:06:13+01:00
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tags: ["journal", "dimanche", "soleil", "course à pied", "pain",
"musique", "oiseaux", "amis"]
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Aujourd'hui a été une belle journée. Un dimanche, ensoleillé, après une bonne
semaine sans travail, dans ce coin du monde, le jardin arrière de la résidence
secondaire des empires.
Au réveil, j'ai préparé le pâton pour l'apprêt et je me suis fait un café, un
petit-déjeuner, j'ai mis le pain à cuire et je me suis fait un café. Le pain
sorti du four, je suis allé courir. C'était un peu difficile, parce que je ne
suis pas au mieux de ma forme, mais le but était de faire tourner les jambes,
un peu, à petite vitesse.
Il faisait beau, c'est le printemps, les oiseaux chantent, sont animés,
certains sont de retour. Pinson des arbres, sittelles torchepot, grimpereau des
jardins, verdiers d'Europe, rouges-gorges familiers, merles noirs, fauvettes à
tête noire (j'en ai même vu une, distinctement, tout en courant, car les
branches ne sont pas encore feuillues), troglodytes mignons. Les ami·es
habituel·les, ou les retrouvailles.
En fin d'après-midi, après la sieste, on a reçu des ami·es, sans ailes, et
c'était sympa, un peu sucré, café et musique. J'ai eu du plaisir à me balader
dans mes disques pour partager quelques morceaux emblématiques. Quelqu'un a dit
qu'il avait la sensation de «se laver les oreilles». Je crois que c'est
simplement le plaisir que peut provoquer une sélection dans un ensemble de
titres aimés.
Rien à voir avec une «playliste», au sens contemporain du terme.
Au passage, j'ai fait un deuxième pain, un pain au sarrasin, graines de courges
et de tournesol.
Et décidé d'écrire ce billet en écoutant du *Yesterdays New Quintet*.

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@ -1,73 +0,0 @@
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title: "Le 2 mars 2026"
date: 2026-03-02T21:12:57+01:00
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categories: ["traces"]
tags: ["journal", "presse", "libéralisme", "fascisme", "Iran"]
slug: 2026-03-02
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[Hier][1], j'ai oublié de dire que je me suis désabonné de Mediapart. Bien
que plutôt orienté France (ce qui est normal, étant un média français), ce
titre est, à mon avis du moins, une source d'information utile. Pour moi, c'est
le dernier média libéral du paysage dit *mainstream* français, par opposition
aux «nouveaux» médias, ou «indépendants», parce que financés par
abonnements ou dons (ce qui est le cas de Mediapart, mais va savoir, il est
plutôt la continuation des «vieux» médias pour moi). Libéral, au sens des
libertés politiques, au moins celles des mâles blancs privilégiés[^1], pas au
sens des capitalistes qui préfèrent, en toute logique, l'héritage libéré de
l'impôt aux services publics quand ils servent celles et ceux qui ne sont rien
ou n'ont pas dents. C'est vrai qu'on ne voit pas toujours bien clairement la
différence entre ces deux acceptions du terme libéral.
Mediapart, un titre libéral, donc. Qui fait du bon boulot côté investigation,
c'est sérieux. Et pour l'angle économique, c'est à peu près supportable.
Par contre, le côté larmoyant qui défend l'humanisme en tenant la tasse à thé
avec le petit doigt levé, c'est pénible, en décalage complet avec les enjeux
concrets du rapport de force politique et médiatique en faveur des extrêmes
droites et leurs idées.
Depuis mi-février, il y a eu l'instrumentalisation de la mort du militant
néo-nazi à Lyon et la volonté très claire, précise d'en finir avec le seul
parti de gauche, social-démocrate, crédible en France. Actuellement, sur le
plan de la politique électorale, l'alternative est la FI, avec les parties de
la gauche qui seraient capables de le comprendre, ou «les extrêmes» que sont
les débris du «macronisme», LR, UDR et RN/FN. Là encore, il y a certainement
des distinctions à faire, mais je ne les trouve pas significatives. Et à sa
manière, Mediapart a finalement aussi tapé, une fois de plus, une fois de trop
sur LFI.
C'est son droit. Je trouve que c'est un mauvais calcul. Peut-être aussi que
l'avis de certains journalistes de Mediapart n'importe pas tant que ça.
Ça faisait déjà un moment que je trouvais que la lecture de Mediapart devenait
de moins en moins utile. Et ce n'est de loin pas que Mediapart, bien entendu.
Je trouve que les libéraux, toujours dans le même sens, ne sont pas en mesure
de comprendre ce qu'il se passe. Ou alors, les parties de cet ensemble qui
comprennent ce qu'il se passe, favorisent consciemment et explicitement le
basculement dans l'autoritarisme débridé, là aussi, en toute logique. Les
parties qui croient se défendre à l'aide de valeurs de papier, de principes
sans chair, face aux pit bulls surarmés (grâce à l'accumulation du capital,
essentiellement) risquent bien de déchanter.
Sinon, j'ai trouvé l'intervention de [Somayeh Rostampour][5] sur *Au Poste* ce
matin, à propos de l'Iran, des bombardements et de la révolution très
pertinente. Voici le lien, directement vers le début de l'entretien. C'est le
lien pour Youtube, mais rien ne t'empêche d'utiliser une interface alternative
ou [Freetube][2]: <https://youtu.be/wCcWwwi2xIs?t=1917>. C'est la seule chose
que j'ai lu ou regardé sur le sujet, ou presque.
Rédigé en écoutant *Yazz Ahmed* et *DJ Cam*.
<!-- références -->
[1]: /2026-03-01
[2]: https://freetubeapp.io/
[3]: https://memoiredencrier.com/catalogue/le-contrat-racial/
[4]: https://www.editionsladecouverte.fr/contre_histoire_du_liberalisme-9782707183408
[5]: https://agone.org/livre/femmes-en-armes-savoir-en-revolte/
[^1]: Lire MILLS, Charles W., 2023. *Le contrat racial*. Montréal (Québec) :
Mémoire dencrier. ISBN [978-2-89712-855-5][3], et LOSURDO, Domenico, 2016.
*Contre-histoire du libéralisme*. Paris : La Découverte. Poche. Essais 416.
ISBN [978-2-7071-8340-8][4], pour s'en faire une idée plus claire.

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@ -1,68 +0,0 @@
---
title: "Le 3 mars 2026"
date: 2026-03-03T20:50:08+01:00
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categories: ["traces"]
tags: ["journal", "capitalisme", "coalition des crises", "guerre",
"domination", "égalité" ]
slug: 2026-03-03
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C'est un machin avec des mots qui a fait le buzz, tellement que même
[Lordon][1] réagit sur son blog, une réaction peu convaincante, presque de la
pensée magique. Bon, c'est vrai, une des grosses motivations derrière les
délires regroupés sous les voyelles «IA» ou «AI», c'est de se passer le
plus possibles des salariées et des salariés, surtout s'ils coûtent un peu plus
que le travail forcé. Une utopie de capitalistes acculés, donc d'autant plus
dangereux, par une crise d'accumulation du capital sans précédent.
De l'utopie à la réalisation, il n'y a peut-être qu'un pas, un saut, quelques
étapes, six mois de plus, encore une décennie et la possibilité de tant et tant
de grains de sables, pénurie de flotte, un détroit trop étroit pour autant de
portes-bombardiers et de citernes à mazout flottantes, un missile qui
hallucine, va savoir. Pensée magique pour pensée magique, voilà à quoi on est
réduit.
Alors que les écolières sont réduites à néant, par dizaines. À ~~Téhéran~~
Minab[^1] récemment, comme à Gaza presque tous les jours pendant des années, au
Soudan, en Ukraine et j'en oublie, parce que j'en oublie. Et l'autre qui parle
de préparer l'avenir en jouant avec des gadgets en service payant, à un prix
dérisoire pour lui, inatteignable pour une partie significative de l'humanité,
une humanité qu'il ne calcule pas, il serait peut-être même surpris d'apprendre
qu'elle n'est pas humaine dans sa *Weltanschauung*.
Des gadgets-services qui participent à la grande négation de l'avenir qu'est
l'occident moderne tardif, la logique plantationnaire à fond les curseurs.
Climat? M'en fous la mort. Biodiversité? *No future*. Solidarité, égalité,
équité? C'est quoi la valeur de ces vecteurs?
Ce machin plein de mots parvient à faire le buzz, alors qu'il est convenu, sans
surprise, vide, synthétique, comme une tomate hors-sol qui empêche de voir que
ce qui fût un champ est désormais une dalle en béton. Je l'ai lu dans la
mauvaise traduction que donne *Le Grand Continent* (ou un LLM). Je l'ai lu
parce que la veille de *Framasoft* l'a relayé. C'est une ode aux NFT, tu te
rappelles? Même si ça ne parle pas de NFT, mais c'est la même méthode.
Le but à court terme c'est de brûler des milliards par centaines et au passage
vider le plus de poches possibles. Et espérer faire croître exponentiellement
les rapports de dominations, la pression des exploitations, l'extractivisme
sous toutes ses formes.
Va-t-on vraiment les laisser tenter de réussir? Va-t-on vraiment ne plus
tenter de construire des mondes pluriels et les plus horizontaux possibles,
localement comme globalement?
Non. Bien sûr que non. Il n'y a pas de choix possible.
Rédigé en écoutant *Marta & Tricky*.
<!-- références -->
[1]: https://blog.mondediplo.net/marx-va-avoir-raison-ia-et-lutte-des-classes
[^1]: Je suis allé un peu vite, et je vois que ce n'est pas à Téhéran que ce
bombardement a eu lieu, mais à Minab. Sources:
<https://www.nytimes.com/2026/03/05/world/middleeast/iran-school-us-strikes-naval-base.html>
(anglais),
<https://fr.wikipedia.org/wiki/Bombardement_de_l%27%C3%A9cole_de_Minab>
(français).

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@ -1,58 +0,0 @@
---
title: "Le 4 mars 2026"
date: 2026-03-04T20:36:50+01:00
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categories: ["traces"]
tags: ["journal", "course à pied", "oiseaux", "fascisme", "égalité"]
slug: 2026-03-04
---
En fin d'après-midi, après la journée à faire rentrer un peu d'oseille, je suis
allé courir. Avec un peu d'appréhension, parce que d'une part c'est toujours un
peu plus dur pour moi en fin de journée et que d'autre part, comme je l'ai déjà
dit, je ne suis pas au mieux de ma forme. Ça c'est passé mieux que prévu, le
début a été un peu difficile, puis les petites foulées m'ont emportées, la
pensée s'est déroulée, c'était toujours un peu difficile, mais plaisant. C'est
l'essentiel. On peut même dire une chance inestimable. Tout simplement.
J'ai croisé un ancien collègue, un ancien chef. Il est à la retraite et semble
vivre sa bonne vie. On s'est toujours croisé en courant.
J'ai aussi croisé des oiseaux. Surtout entendu: fauvettes à têtes noires,
verdiers d'Europe, merles noirs, rouges-gorges familiers, mésanges
charbonnières et peut-être des bleues, pinsons des arbres, troglodytes mignons,
pics épeiches (dont un vu), vu voler un pic vert, vu une bergeronnettes des
ruisseaux en cherchant un troglodyte mignon, étourneaux sansonnets, corneilles
noires, corbeaux freux. Une chouette sortie.
En rentrant et en passant sous les nids d'une partie de la colonie de corbeaux
freux du quartier, je les regardais comme profiter des derniers rayons de
soleils et je me suis dit, comme souvent, heureusement qu'il y a les oiseaux.
Ils permettent de se décentrer, d'oublier le fracas de la sphère
informationnelle, au moins pour un instant.
Parce que les nouvelles venues de la modernité occidentale tardive, sont de
plus en plus impossibles à traiter. [Hier][1], je parlais de ce texte
outrancier qui avait, parait-il, fait son buzz. Aujourd'hui, [Arthur Perret][2]
parle sur son blog de la même thématique, sur la base de textes qui semblent
plus sérieux. Mais le sont-ils? Les ingénieurs sont-ils vraiment bien placés
pour comprendre ce qui est à l'œuvre?
J'ai réalisé, ou plutôt j'ai écarté mon incapacité à me faire une idée, que la
question n'est pas tellement de savoir si les petits bourgeois vont se faire
remplacer par des LLM, ce rêve humide de propriétaires des moyens de
production. La question reste la même que depuis quelques siècles: je pense
qu'il n'y a pas d'autre choix que de s'engager pour des sociétés égalitaires et
pluriverselles, au local comme au global. Une sacrée lutte, à n'en pas douter.
Je retombe sur la conclusion de hier, sur un autre ton.
D'autant que ce n'est qu'un élément parmi d'autres et des autres autrement plus
préoccupants.
Rédigé en écoutant *DJ Shadow*, *Our Pathetic Age*.
<!-- références -->
[1]: ./2026-03-03
[2]: https://www.arthurperret.fr/blog/2026-03-04-le-cognitariat-qui-vient.html

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@ -1,69 +0,0 @@
---
title: "Le 6 mars 2026"
date: 2026-03-06T21:09:03+01:00
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categories: ["traces"]
tags: ["journal", "résister", "agir", "constructivisme"]
slug: 2026-03-06
---
Comment ça va? On fait aller? Ça va bien. Oui, ça va bien! A-t-on le choix?
Et comment oser dire que ça ne va pas: c'est vendredi soir, le weekend s'offre
à nous, on a eu le luxe d'avoir une semaine de travail, un travail pas
excessivement pénible, qui permet de vivre et pas seulement de survivre, pour
l'instant, encore. On n'est pas coincé entre un gouvernement capable de
massacrer sa population et les bombardements de puissances que j'abandonne de
qualifier, ce soir. On écoute des disques de musique reposante, on décide de
sauter un repas, par oisiveté et pas parce qu'on ne peut faire autrement.
Et il va falloir tenir bon, même tenir mieux que ça, avec le sourire et faire
en sorte d'encourager autour de soit à tenir au mieux, chacun, chacune selon
son contexte, continuer à le faire alors que la plupart de ce qu'on tient pour
garanti va se défaire. Et ne pas oublier qu'ici, c'est le jardin arrière de la
résidence secondaire des empires. Que si ça empire, c'est d'abord là où les
empires déchaînent leur violence, leur exploitation, leurs destructions. Ce qui
rempli les vitrines des rues basses, les rayons des supermarchés, les pages web
de nos boutiques en ligne.
Même si on s'évertue à acheter nos légumes, bio, de saison, aux maraîchers du
coin.
Note: penser à regarder comment évolue la version dévertébrée de sécurité
sociale de l'alimentation locale, parce que c'est quand même un pas dans une
autre direction.
Hier, au travail, j'ai participé à une sorte de groupe de travail (encore
*informel*) sur l'«IA» et c'était moins pire que je ne le craignais. J'ai
même eu le sentiment d'être un peu moins seul en sentant des questionnements et
des préoccupations similaires aux miennes. Et un sentiment d'impuissance. Parce
qu'on manque cruellement d'organisation. De passer du temps à autre chose que
se divertir, et faire quelque chose.
Et puis, plus tard dans la journée, j'ai lu le [billet suivant][1] d'Arthur
Perret, sur la connaissance comme une construction, sociale, historique, fondée
en partie sur des documents plutôt que des informations. Sans y avoir réfléchit
de manière aussi construite et détaillée, je me demandais justement ces
derniers jours que pourrait dire un ou une historienne, avec sa méthode de
critique des sources, d'un bout de texte synthétique.
Ou alors, aujourd'hui, je pensais au fait que nos représentations du monde
extérieur, du réel, sont véritablement construites, comme une photo est cadrée,
comme l'opinion publique qui ne s'interroge pas, mais se façonne, comme
l'actualité n'est pas ce qui s'est passé, à notre connaissance, comme disait
l'autre dans la petit boîte de mon enfance, mais ce que la rédaction a choisi,
priorisé. Longtemps, j'ai été en partie réfractaire à cette idée, parce qu'il
me semble qu'il est possible de déterminer quelques éléments objectifs sur
lesquels ont peut se mettre d'accord. Pour ne pas sombrer dans la folie. Et ce
n'est pas une idée que je vais abandonner aussi simplement.
Mais se souvenir que toute connaissance est une construction donne un peu de
mou, rend possible le recul, permet de respirer. Ce qui est peut-être
nécessaire pour agir.
Rédigé en écoutant du *Curtis Fuller*, du *Miles Davis* en version dub, de la
jungle par *Herbie Hancock*, *DJ Krush* et à nouveau *Yesterday New Quintet*,
mais cette fois interprétant *Stevie Wonder*.
<!-- références -->
[1]: https://www.arthurperret.fr/blog/2026-03-05-chatgpt-ne-vous-dit-pas-tout.html

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@ -1,80 +0,0 @@
---
title: "Le 8 mars 2026"
date: 2026-03-08T20:52:38+01:00
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categories: ["traces"]
tags: ["journal", "course à pied", "oiseaux",
"histoire", "Israël", "démocratie"]
slug: 2026-03-08
---
Comme souvent le dimanche, je suis allé courir. Il se trouve que j'ai également
couru hier, un samedi, ce qui est plus rare. Ce qui fait trois sorties cette
semaine. D'ailleurs, ça commence à aller mieux et j'ai eu beaucoup de plaisir
ce matin. Mais c'est normal, parce que le dimanche est un jour où je suis bien
reposé en général, je peux courir le matin, mais après avoir pris le temps de
démarrer lentement la journée. De plus, il faisait beau, la température était
clémente sans être chaude, et l'air était saturé de chants d'oiseaux. Difficile
de faire mieux.
Dès le début, j'ai croisé quatre verdiers d'Europe qui se pourchassaient,
peut-être l'occasion de constituer des pairs en vue de la reproduction. Plus
loin, un chardonneret élégant bien en vue sur une branche. Puis, trois pics
épeiches dans une activité similaire à celle des verdiers, avec moult cris. Et
tout du long, à l'oreille, il y avait des pinsons des arbres, des fauvettes à
têtes noires, des rouges-gorges familiers, des sittelles torchepot, des
grimpereaux des jardins, des pics verts, des mésanges charbonnières, des
mésanges bleues, des merles noirs, une bergeronnette grise, un grand cormoran.
J'ai lu un texte sur *Tsedek!* qui ne m'a que moyennement parlé, mais qui était
néanmoins intéressant. «Moyennement parlé», parce que je me sens de plus en
plus étranger à la «spiritualité». Je respecte le vécu des gens à qui ça
parle, mais c'est tout. Je vois de plus en plus l'idée dans des milieux de la
gauche dans lesquels je me reconnais en bonne partie, selon laquelle la gauche
peine à enthousiasmer à plus grande échelle, parce qu'elle est trop
matérialiste et pas assez spirituelle. Et je ne comprends pas. Déjà pour le
trop matérialiste, je pense au contraire qu'il y a encore des efforts à faire,
pour le comprendre plus profondément, l'actualiser au regard des connaissances
scientifiques (physique, biologie, histoire, sociologie, philosophie des
sciences, etc.), et le débarrasser du positivisme. Par exemple. Ensuite, parce
que je ne vois pas comment intégrer le «spirituel» à un projet collectif
égalitaire. On arriverait à se mettre d'accord sur des éléments communs de
base, sur ces questions?
Mais ce n'est pas même le sujet. Cet article m'a suffisamment intrigué pour
rechercher ce que je pouvais trouver sur son auteur, un historien qui en
l'occurrence interroge un rabbin. Et je suis tombé, assez rapidement sur [un
article][1] publié par *Les temps qui restent*. Je pense que c'est une lecture
utile actuellement. Il donne un aperçu historique des usages de la comparaison
aux Nazis qui ont pu exister dans la société israélienne depuis 1948 à
aujourd'hui.
J'ai aussi regardé la deuxième vidéo de Geoffroy de Lagasnerie sur sa critique
de la démocratie (je pense que je vais chercher [son livre][2]). Ces deux
vidéos (je me réjouis de la prochaine, dans 2 semaines) sont troublantes. Il
n'est pas difficile d'être convaincu de la pertinence d'une critique de la
démocratie. Mais le plus souvent, c'est une critique de *cette démocratie-là*,
qu'il faudrait corriger, parfaire, ou véritablement réaliser. Le propos de
Lagasnerie est bien de critiquer la démocratie elle-même, par exemple le
principe d'une concurrence libre des idées, des opinions, quelles qu'elles
soient. Ou qu'on peut, démocratiquement, nuire à un grand nombre de personnes.
Ou encore que les décisions démocratiques peuvent être orthogonales aux savoirs
scientifiques.
Voici les liens des deux vidéos:
1. [*Pourquoi il faut critiquer la démocratie.*][3].
1. [*La droite, c'est le mensonge*][4].
Comme il semble que j'utilise un peu plus mon site personnel en ce moment, j'ai
des envies d'apporter quelques petites améliorations ici ou là.
Rédigé en écoutant les disques 9 et 10 des œuvres complètes de *Louis Couperin*
par *Jean Rondeau*.
<!-- références -->
[1]: https://lestempsquirestent.org/fr/numeros/numero-8/quand-les-israeliens-se-comparent-aux-nazis
[2]: https://geoffroydelagasnerie.com/livres-2/lame-noire-de-la-democratie-manifeste-pour-un-autre-ideal-politique/
[3]: https://youtu.be/gidsdTgVHR0
[4]: https://youtu.be/8qddxgvZT0I

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@ -1,76 +0,0 @@
---
title: "Babel"
date: 2026-05-25T18:50:47+02:00
draft: false
categories: ["explorations", "lectures"]
tags: ["impérialisme", "colonialisme", "traduction", "roman"]
slug: babel
---
Le divulgâchage n'existe pas. Non parce qu'il est absent du dictionnaire des
mots français du correcteur de mon éditeur de texte. Plutôt parce que je suis
convaincu qu'une œuvre narrative qui repose uniquement sur l'ignorance d'un ou
plusieurs éléments pour nourrir l'attention de son public ne le respecte pas.
Il lui vide les poches tout en fournissant du temps de cerveau disponible à la
reproduction de la domination de la classe qui possède le capital.
C'est simple, c'est donc trompeur. Je vais tout de même faire attention à ne
rien te dévoiler en parlant d'un roman que j'ai lu récemment: \
K{{<smallcaps "uang" >}}, Rebecca F., 2022. *Babel or the necessity of
violence: an arcane history of the Oxford translators' revolution.* New York,
NY: Harper Voyager. ISBN 978-0-06-302142-6.
C'est un roman qu'on pourrait qualifier d'*historico-fantastique*[^1]. Il se
passe dans un de nos passé, mais un de nos passé qui ne s'est pas passé
puisqu'il est subtilement différent de l'histoire «officielle», afin d'être
plus fidèle à la réalité passée et présente. Et dans ce sens-là, c'est un très
bon roman. Un roman qui se lit très bien, malgré ici ou là quelques petites
longueurs. Il ne faut pas être trop attentif à la vraisemblance ou à la
cohérence, mais on est là pour se raconter des histoires, pas pour publier des
citations sorties des forges obscures de gadget-point-i-a dans une revue
scientifique à comité de lecture.
Bienvenue donc dans l'Empire sous drapeau britannique, dans la première moitié
de ce 19<sup>e</sup> siècle qui inspire tant nos élites depuis le début du
21<sup>e</sup>, probablement parce qu'entre XXI et XIX, on se trompe
facilement. Ou simplement parce que la domination bourgeoise, c'était encore
mieux avant? Ou encore plus simplement, parce que nous vivons toujours dans
cette séquence historique, même si elle a changé récemment, quelque part autour
de la guerre civile européenne du 20<sup>e</sup> siècle.
Cet empire, impérialiste (eh oui) et capitaliste ne tourne pas encore
uniquement aux énergies fossiles et au *machine learning* pour surveiller,
punir, et tuer. Mais une technique qui mêle le travail de l'argent et certaines
propriétés de la traduction a pris cette place centrale. Ce qui suppose
exploiter la ressource que sont les locuteurs et locutrices des langues,
surtout s'iels sont polyglottes. Ce qui rapproche ces personnes, parfois
colonisées, du centre de l'Empire. Et les place à la fois dans un conflit de
loyauté (qui se résout sans trop de dilemme cornélien) et là où certaines
actions peuvent être décisives. Il va y avoir de l'action.
Pour qui s'intéresse au monde dans lequel on vit, rien de très nouveau. En
revanche, je n'ai pas l'habitude (certainement par ignorance) de voir ces
sujets traités sous cette forme-là et c'est précieux. Du moins, au moins pour
les blancs et les blanches qui veulent bien se laisser décentrer pour essayer
d'un peu mieux se connaître.
Je l'ai lu en anglais, c'est donc que la langue est tout à fait abordable. Le
titre existe aussi en traduction française, et, dans un sens, s'il est un livre
qui doit aussi être lu dans une traduction, c'est bien celui-ci. Comme s'il
existait des choses à ne pas traduire, ou pire, des expressions qui ne soient
pas une traduction. Représenter, c'est traduire. On n'en sort pas.
C'est en regardant un *Algorithme* d'Histoires crépues que j'ai découvert cet
ouvrage, allez donc vous balader sur [Histoires crépues][1]. C'est le
2<sup>e</sup> livre en peu de temps que je lis grâce à elleux (ou plutôt à
Seumboy, vu que c'est dans les deux cas à la suite d'une de ses
recommandations). Je t'en parlerais peut-être.
<!-- références -->
[^1]: Je ne doute pas qu'une étiquette plus précise existe déjà pour cette
catégorie. Peut-être *fantasy-historique* ou *uchronie*.
[1]: https://histoirescrepues.fr/ "Le site web d'Histoires crépues, tu y
trouveras le lien vers les vidéos machintube."

View File

@ -1,115 +0,0 @@
---
title: "La semaine bientôt passée"
date: 2026-06-21T17:47:50+02:00
draft: false
categories: ["traces"]
tags: ["musique", "lectures", "fruits et légumes", "maintenant", "semaine"]
postimage: choulex.jpg
postimagedescription: "Graminées et bosquets dans la lumière rasante du matin en campagne genevoise, avec le jura au fond."
slug: la-semaine-bientôt-passé
markup: pandoc
---
Cette semaine, je me suis dit que je n'avais pas beaucoup écouté de musique,
mais pour finir, il y a quand même de quoi faire une petite liste:
::: {#listening}
- Un peu de reggae. Tout ça à cause d'adolescent-es qui ont fait une vidéo
accompagnée d'*Hotel California* de The Eagles. Et en cherchant sur le web
des infos sur cette chanson, je suis tombé sur une prétendue reprise de la
chanson par Bob Marley. Prétendue, parce que l'image de la vidéo ne
correspond pas au son, qui semble être simplement l'original. Alors autant
aller écouter du Bob Marley, et puis du Mike Dread, et ainsi de suite.
- Samedi matin, en rentrant du marché, dans le petit pré de la maison de
quartier, il y avait un concert, un groupe de jazz, et c'était amusant, parce
qu'il y avait plus de gens sur la scène (batterie, contrebasse, clavier,
guitare et flûte traversière) que dans le public (1 adulte et 1 enfant à
notre arrivée). Certainement dans le contexte de la fête de la musique. Le
son était bon, l'ambiance extraordinairement paisible. De la musique, 2-3
enfants qui jouaient sur la place de jeu non loin, un merle qui chantait, des
martinets qui fendaient le ciel, et encore un peu d'ombre sous la fraîcheur
des arbres. On s'est pausé et on a eu droit à une interprétation vraiment
bonne de *Freedom Jazz Dance* d'Eddie Harris. Terriblement émouvante, mais
une émotion beaucoup moins suspecte que celle des Eagles ci-dessus. Une fois
rentré, je suis allé chercher dans mes disques des versions de ce titre, et
il y en avait quelques-unes, dont Miles Davis et Miroslav Vitous.
- Le dernier disque de Yazz Ahmed, [*Shirin-Yoku*][1], un peu plus «electro»
que d'habitude. Passe très bien.
- Le dernier disque de Martina Topley Bird, [*Forever I Wait*][2], une artiste
que j'avais bien entendu découvert au travers de Tricky et une artiste qui
vieillit vraiment bien. Assumer que le temps passe est poétique.
- Réécouté du Vernon Reid, que ce soit sous son nom à lui, ou dans d'autres
groupe (The Masque, Yohimbe Brothers).
- Sur le conseil d'un collègue, le très sympa *In the Buzzbag* des Brooklyn
Funk Essentials, un bon funk des années 90 avec des sonorités turques. Et ça
m'a rappelé les Brand New Heavies, alors hop.
:::
::: {#reading}
J'ai repris la lecture de [*Français et africains? Être citoyen au temps de la
décolonisation* de Frederick Cooper][3], dans une traduction Christian
Jeanmougin. C'est une vidéo de *Histoires crépues* qui m'a signalé ce titre.
Sur la fin et au sortir de la 2e guerre mondiale (ou la fin de la grande guerre
civile européenne), l'empire français est à reconstruire, alors que la France a
en grande partie été sauvée par ses colonies, par ses colonisés. Aussi, les
rapports de force ont été un peu modifiés. Le livre reprend les discussions
dans et autour de l'assemblée constituante, sur les sujets de l'union
française, ou de la fédération, ou de l'empire, ou alors celui de la
citoyenneté, unique ou différentiée, avec un suffrage universel (avec ou sans
les femmes?), ou alors avec un suffrage indirect pour les colonisés, etc. Ce
qui est surprenant, c'est que bien plus de possibilités sont envisagées que ce
qu'on pourrait imaginer aujourd'hui, qu'une bonne partie des colonisé-es
veulent bien rester français-es, si c'est l'être tout autant en droit, et pas
seulement en qualité, que les métropolitain-es. Et on ne peut s'empêcher de
voir que l'aile libérale et humaniste occidentale aimerait bien pouvoir
continuer à vendre de la verroterie (être citoyen, mais sans les droits qui
vont avec, ou alors des droits amoindris, qui ne remettent pas en cause la
supériorité politique de la métropole) contre l'accès aux ressources et au
travail. Voir qu'il est si difficile aux civilisés qui donnent des leçons à
tout le monde, en 1946, d'abandonner le travail forcé (une forme d'esclavage)
est remarquable. Relire le *Discours sur la colonisation* de Césaire.
:::
::: {#eating}
Au marché, chez les maraîchers qui vendent eux-mêmes leur production bio et
locale, il y avait:
- Des cerises. Plusieurs variétés différentes, toutes aussi excellentes les
unes que les autres.
- Des framboises, mais pas les mêmes que la semaine dernière.
- Des fraises, des fraises, des fraises.
- Et des myrtilles aussi.
- Des pommes qui se font vieilles et farineuses, mais ce sont encore des
pommes.
- Toujours des laitues romaines parce que c'est trop bon.
- Des concombres (comment j'ai pu oublier les concombres?).
- Des fenouils.
- Des courgettes.
- Des bouquets de basilic, de persil, de shizo. Le shizo je l'utilise souvent
pour l'infuser dans du kéfir de fruit (ou d'eau).
- Des ognons en bottes. De l'ail encore presque frais.
- Des colraves. J'en ai pris plus que nécessaire, et j'ai préparé un pot d'un
litre de colraves lacto-fermentés (en saumure quoi).
- Des salades.
- Des patates nouvelles.
- Du céleri en branche.
:::
Ce n'est pas visible, alors je l'explicite, mais cette liste de produits qui
font se sentir vivant est là pour dire qu'on a vraiment besoin d'une [sécurité
sociale de l'alimentation][4]. Ce sont ce genre de disruption que l'on demande.
C'est pourtant pas compliqué.
<!-- références -->
[1]: https://yazzahmed.bandcamp.com/album/shinrin-yoku "L'album sur bandcamp"
[2]: https://martinatopleybird.bandcamp.com/album/forever-i-wait "L'album sur bandcamp"
[3]:
https://www.payot-rivages.fr/payot/livre/fran%C3%A7ais-et-africains-9782228911559 "Le livre sur le site de l'éditeur (Payot)"
[4]: https://securite-sociale-alimentation.org/

View File

@ -1,108 +0,0 @@
---
title: "La semaine qui s'achève"
date: 2026-06-28T17:02:01+02:00
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tags: ["musique", "lectures", "fbruits et légumes", "maintenant", "semaine"]
postimage: fruits-legumes.jpg
postimagedescription: "Vue plongeante sur des fruits et légumes disposés sur une table, dans des barquettes en cartons, des sacs en papier ou tels quels."
slug: la-semaine-qui-s-achève
markup: pandoc
---
Cette semaine propose une liste d'écoute musicale très courte. C'est un effet
secondaire de la canicule-qui-est-un-choix-politique: en effet, que ce soit au
bureau ou à la maison, l'envie de mettre un casque qui couvre les oreilles est
assez peu présente, ni celle, à la maison, d'allumer un ampli et une table de
mixage qui ajoutent un peu de chaleur à la chaleur. Je ne peux pas me plaindre,
je n'habite pas dans une bouilloire thermique, mais le thermomètre intérieur
s'est baladé à l'intérieur de la fourchette `28-31+` degrés Celsius toute la
semaine. On peut tout de même signaler:
::: {#listening}
- The B-52's que j'écoute relativement rarement, mais toujours avec le même
plaisir, ce côté légèrement décalé et narratif m'emballe à chaque fois. Et
là, au moment d'allumer le système sonore domestique, ils me sont passés au
travers du lob frontal, inexplicablement.
- Le *Electric Circus* de Common, qui revient nettement plus souvent que les
B-52's. J'aime bien Common et tout particulièrement cet album.
- En conséquence de quoi, un peu d'Erykah Badu s'est imposé, avec l'excellent
*Baduizm*. Oui, je suis vieux, c'est pas nouveau, non?
- Natacha Atlas. Quand j'écoute le *Soleil d'Égypte*, j'éprouve une nostalgie
incommensurable, un mal du pays d'un pays que je ne connais pas, où je ne
suis jamais allé. Mais cette chanson parle de moi comme de chacun et chacune
de nous, je crois. Ou peut-être pas, peu importe. Et ce n'est certes pas la
seule chanson des disques de Natacha Atlas qui me fait frissonner.
- Par la grâce du *random* de mon gestionnaire de musique, je suis tombé sur
[Yasushi Ide presents Lonesome Echo Strings Meets The World (Remixed By
Kenny Dope And Masters At Work)][1], un morceau décliné par deux fois en
version électronique et c'est vraiment bien.
- George Clinton, *T.A.P.O.A.F.O.M*. J'adore cet album. J'aime beaucoup George
Clinton et les groupes auxquels il a participé, mais celui-là un peu plus que
les autres. Certains morceaux ont un groove inégalable. Ou presque.
:::
Il a bien dû y avoir d'autres choses, notamment un mix personnel qui a plus de
10 ans désormais, mais voilà pour cette fois.
::: {#reading}
J'ai continué la lecture de *Français et africains?*[^1], que j'ai interrompu
une nouvelle fois (c'est un livre un peu sec à lire, on rentre vraiment dans le
détail de débats institutionnels, intéressants, mais c'est détaillé-détaillé).
Je suis en train de terminer le petit *Technique autoritaire et technique
démocratique* qui réunit deux articles de Lewis Mumford et une note
biographique par la traductrice Annie Gouilleux. J'imagine que je suis tombé
sur cette référence dans un texte sur le web qui parlait d'«IA», et plus
généralement du numérique, il me semble. Ce sont deux textes qui datent des
années 60-70 et qui portent sur l'idée que les animaux humains ont développé la
technique d'abord à partir de leur corps et que la *mégamachine* est très
ancienne (par exemple l'organisation humaine qui a permis les constructions
égyptiennes de l'antiquité) et autoritaire. Alors que les techniques
démocratiques, également très anciennes (depuis que les animaux hominidés se
sont mis à élaborer des outils de pierre, notamment) se caractérisent par
l'autonomie et la collaboration. Pour l'auteur, la deuxième moitié du
20<sup>e</sup> siècle est en passe de voir disparaître les techniques
démocratiques, au moins dans les sociétés insérées dans la modernité
occidentale. \
C'est passionnant, parfois extraordinairement actuel, même si ici ou là se
trouvent des remarques réactionnaires, ou du moins facilement récupérées par
les réactionnaires contemporains. Mais c'est assurément une lecture utile pour
réfléchir à notre situation qui (me) semble inextricable.
:::
::: {#eating}
Au marché, chez les maraîchers qui vendent eux-mêmes leur production bio et
locale, il y avait:
- Les dernières cerises de la saison. Peut-être les meilleures. Des amies pour
mieux supporter la température intérieure.
- Des fraises indescriptiblement bonnes. J'ai peut-être oublié, mais je crois
que jamais je n'ai eu en bouche un tel goût de fraise.
- Du cassis, des groseilles, des myrtilles.
- Des abricots un peu moins locaux (Valais, plus de 150 kilomètres à l'amont du
Rhône) et qui pourraient mûrir encore un peu.
- Des choux pointus (ou nouveaux).
- Des laitues romaines, plus petites alors plus nombreuses.
- Des salades.
- Des concombres, un par jour de la semaine.
- Des courgettes.
- Des aubergines.
- Des poivrons.
- Des tomates qui pourraient faire comme les abricots et mûrir un peu plus.
- De l'ognon en botte et de l'ail.
- Des bouquets de basilic, menthe, shizo.
- Et pas de pommes, c'est fini jusqu'à bientôt.
:::
<!-- références -->
[1]: https://www.discogs.com/release/16546-Yasushi-Ide-Presents-Lonesome-Echo-Strings-Meets-The-World-Remixed-By-Kenny-Dope-And-Masters-At-Work "Album sur Discogs"
[2]: /la-semaine-bient%C3%B4t-pass%C3%A9/#reading "Lien vers la lecture de la semaine précédente"
[^1]: Voir la lecture de la [semaine précédente][2].

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@ -1,86 +0,0 @@
---
title: "La semaine qui se termine"
date: 2026-06-14T17:14:35+02:00
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tags: ["semaine", "maintenant", "lecture", "fruits et légumes", "musique"]
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---
Cette semaine, j'ai écouté:
::: {#listening}
- Janelle Monàe, à peu près tout ses albums. C'est une redécouverte, et
j'apprécie encore plus qu'à la découverte précédente!
- Le Jeff Parker ETA IVtet à l'occasion de la sortie du dernier disque, *Happy
today* qui est vraiment bien, mais ça serait dommage de ne pas (ré)écouter le
précédent, *The Easy Way Out* qui pourrait bien être encore meilleur. Une
transe jazz qui se construit à mesure, rarement le mot improvisation aura été
mieux incarné.
- L'album [*Mana*][2] de l'artiste Kalia Vandever, qui joue du trombone et
s'accompagne à la voix et au piano.
- [Jaubi][3], un groupe de jazz qui fusionne orient et occident, l'orient étant ici
représenté par l'Inde et le Pakistan. Mais ils le font d'une façon assez
nouvelle et bien exécutée.
- Et je redécouvre beaucoup de choses en ce moment, parce que je ressors des
cartons de CD de la cave pour les (re)convertir en fichiers avant de les
donner, comme par exemple cette compilation de morceaux électroniques locaux
sous le terme générique [d'*Hosomaki:mix*][1] qui contient quelques pépites.
Ce qui m'a fait réécouter DJ Goo aka The Gooster, et quand même, c'est
chouette.
:::
::: {#reading}
Sur ma table de chevet, depuis un bon moment il y a *Empire of AI* de Karen
Hao, et ça en vaut la lecture. La journaliste écrit l'histoire d'OpenAI sur
plus de 10 ans, et ce doit être un bon condensé de l'histoire du
*machine-learning* contemporain. J'y ai compris un peu mieux ce que signifie le
travail humain pour l'apprentissage renforcé, à quel point ces modèles sont du
début à la fin de la numérisation de compétences humaines. Des métiers à tisser
aux LLM, en passant par tous les machinAO avec lesquels on a joué ces derniers
20 ans, ça se résume à ça: numériser les savoir-faire humain, pour le profits
de quelques-uns. \
Faudra que j'en fasse un bref compte-rendu de lecture, peut-être, une fois.
:::
::: {#eating}
Et samedi chez les maraîchers qui ont bravé la propagande autoritaire des
autorités illégitimes (oui, c'est une sorte de pléonasme, mais qui mérite
d'être déplié) pour venir au marché, dans la catégorie bio et locale, il y
avait:
- Des choux nouveaux, ou pointus, c'est trop bon.
- Des laitues romaines pour les manger en salade ou sautées à la poêle.
- Des courgettes.
- Des traces de brocolis, mais je suis arrivé trop tard pour participer au
festin.
- Des ognons frais.
- Des bouquets de basilic, de menthe marocaine.
- Des bouquets de carottes, aussi.
- Des myrtilles, des framboises, des fraises, des cerises.
- Quelques pommes rescapées.
- De la farine de Rouge de Bordeaux et de la farine de sarrasin.
:::
Voilà un billet qui ne ressemble pas vraiment à ce que j'avais imaginé (une
sorte de YAML), ce que je peux être verbeux.
Sinon, en douce et en lenteur, je retravaille l'apparence et la structure de ce
site (*simplifier, simplifier, simplifier*), je me demande bien pourquoi vu que
le seul web qui vaille de nos jours, ce sont les flux de syndication. Aller, je
t'embrasse (comme ça, je sais pas d'où ça m'est venu).
<!-- références -->
[1]: https://mentalgroove.bandcamp.com/album/hosomaki-mix-3 "Le disque sur
Bandcamp"
[2]: https://intlanthem.bandcamp.com/album/mana "Le disque sur Bandcamp"
[3]: https://jaubi.bandcamp.com/album/a-sound-heart "La page du groupe sur
Bandcamp"

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@ -1,53 +0,0 @@
---
title: "Réécrire"
date: 2026-05-10T10:35:53+02:00
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categories: ["explorations", "traces"]
tags: ["lire", "écrire", "documentation", "résistance"]
slug: réécrire
---
Convoquer *Les Croisades* au début d'un nouveau siècle, d'un nouveau
millénaire. Rendre *Le Mal Absolu* le plus quotidien possible, normal, au nom
de la défense de *La Civilisation*, au nom de la dénonciation du *Mal Absolu*,
mais l'Autre. Voir proliférer les Majuscules, mais sans la poésie désuète des
textes baroques.
Révélation.
Réécrire la réalité. Dénicher des spécimens textuels spécifiques, guidé
par une contingence contrainte, une sérendipité orientée. Cap sur une
projection inédite de la sphère planétaire, ou plutôt écartée, minoritaire.
Quel est l'état des connaissances à un moment T, ou plutôt R comme
réactionnaire, sur l'Évolution, les hominidés, les hominines, les homo
sapiens? Relire l'histoire, mais *documentée* par d'autres, tenter de se
percevoir en les *écoutant*. Quels sont les témoignages, les recherches, les
enquêtes qui permettent de voir d'un autre jour, d'autre point de vue, la
modernité occidentale, la *Weltanschauung* en apparence hégémonique ? Dépasser
la fiction qu'elle se raconte d'elle-même et observer ce qu'elle fait, ce
qu'elle dit parfois sans déguisement ni maquillage, et expérimenter toute
appartenance comme un encombrement. Définition temporaire du sac de nœuds
dynamique du réseau d'identités qui fabrique de «l'identité», qui *réécrit* à
chaque instant «l'identité».
Réécrire la réalité, non pas pour s'évader, mais rejoindre les résistances, les
effort d'émancipations.
En réalité, réécrire la réécriture de la réalité. Et recommencer sans cesse,
des ruptures en continu, sentir le plancher se dérober à mesure qu'il se
construit. Conserver le droit à la simplification, à l'erreur manifeste donc
(qui ne s'oppose pas à la vérité, mais à l'erreur subtile), afin d'agir et de
voir les autres agir, et les accompagner ou s'y opposer, ou simplement laisser
faire.
*Ce texte est une forme de réaction, de dérive improvisée du billet d'Arthur
Perret: [réécrire la réalité][1]. J'ai pris conscience que c'est à peu près ce
que je cherche à faire en lisant et ça me donne la motivation de continuer,
malgré le fait que ce processus me fait vivre dans un décalage constant, qui va
s'aggravant. Une forme de solitude, bien que je ne sois pas le seul, loin de
là. La preuve: existe du matériel imprimé qui me donne les moyens de réécrire
le réel.*
<!-- références -->
[1]: https://www.arthurperret.fr/blog/2026-04-20-reecrire-la-realite.html

View File

@ -1,74 +0,0 @@
---
title: "Un lundi bleu ensoleillé"
date: 2026-03-08T11:45:49+01:00
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announce: false
categories: ["musique"]
tags: ["streaming", "listening", "live"]
postimage: "un-lundi-bleu-ensoleille.jpg"
postimagedescription: "Une montagne enneignée dans le bleu sombre du ciel après le couché du soleil."
markup: pandoc
slug: un-lundi-bleu-ensoleillé
---
*Mise à jour*
Tout ne s'est pas passé comme prévu. J'ai eu un souci avec le logiciel qui gère
les effets (*EasyEffects*), ce qui envoyait un bon gros sale bruit. Le temps de
m'en apercevoir et de relancer le tout, le set pour de bon a commencé 5 bonnes
minutes plus tard. Mais il a eu lieu.
Il y a des chances pour que je fusse bien seul sur ce coin perdu des internets,
je ne le saurai jamais, je n'ai pas de surveillance, et c'est bien mieux ainsi.
Quoi qu'il en soit, j'ai eu du plaisir à passer les morceaux de la liste
ci-dessous, et je trouve que ça donne pas trop mal.
{{< published src="https://id-libre.org/audio/un-lundi-bleu-ensoleille"
legend="15ᵉ live, «Un lundi bleu ensoleillé»" >}}
::: {.tracklist}
1. `00:00:00`: Kind of Blue (Miles Davis)
1. `00:08:48`: All Blues (Dub) (Jeremy Talyor)
1. `00:12:52`: Stuff (Miles Davis)
1. `00:17:13`: In A Silent Way / Shhh / Peaceful / It's About That Time (Miles
Davis, Bill Laswell)
1. `00:20:40`: This Is Rob Swift (Herbie Hancock)
1. `00:27:28`: Suckers Never Play That (DJ Cam)
1. `00:29:09`: Malcom Was There (Part 1 & 2) (J. Rocc)
1. `00:32:06`: Strikes Again (Makaya McCraven)
1. `00:37:27`: Taking out the Trash (SML)
1. `00:41:18`: Bullet (Mark Guiliana)
1. `00:45:46`: Just Call Me Nige (Mehliana)
1. `00:51:13`: Slow Horn (antipop VS Matthew Shipp)
1. `00:55:14`: Stormy Clouds feat. Ken Shima (DJ Krush)
1. `01:00:58`: Only the Strong Survive (Bon Mix) feat. C.L. Smooth (DJ Krush)
1. `01:04:53`: The Noise Came From Here (Saul Williams)
1. `01:07:20`: Bloodletting (Saul Williams)
1. `01:11:26`: Gotta Go feat. YNQ (Dudley Perkins)
:::
Et le [fichier ZIP][3] qui contient les morceaux du mix, au format `flac`,
morceau par morceau, avec les métadonnées qui vont bien.
---
Je vais diffuser un set musical en ligne un lundi, pour une fois. Ce sera une
première. Bleu ensoleillé, parce qu'il devrait faire beau et chaud, et que je
pense commencer à passer des disques de jazz, sur l'inspiration de ce que
j'écoutais en rédigeant le texte du [6 mars][1], puis en improvisant. Juste
pour le plaisir d'écouter de la bonne musique et se faire du bien à l'âme
(plutôt que de la vendre).
Je devrais donc commencer à diffuser **lundi, le 9 mars 2026 à 13:30 (UTC+1)**.
Le lecteur au sommet de cette page (ou de la section [*lives*][2]) permettra
d'écouter la diffusion.
Le set sera enregistré et partagé en ligne, avec la liste des morceaux, ici
même, le plus rapidement possible.
<!-- références -->
[1]: /2026-03-06.md
[2]: /lives
[3]: https://id-libre.org/audio/un-lundi-bleu-ensoleille.zip

Binary file not shown.

Before

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Binary file not shown.

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@ -1 +1 @@
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