traces: publie le billet sur l'accélérationnisme

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title: "Accélération"
date: 2026-10-23T20:19:46+02:00
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categories: ["traces", "explorations"]
tags: ["accélérationnisme", "capitalisme", "llm", "révoltes", "écologie"]
slug: accélération
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Je repense à mes lectures sur le web à une époque lointaine, il y a un peu
moins de deux ans, les premiers mois du numéro de série deux-zéro-deux-cinq. Il
y était souvent question de l'accélérationnisme, que ce soit dans la version
des révolutionnaires contre-révolutionnaires, ou dans celle des égarés qui
prétendent vouloir la révolution pour que rien ne change. À deux doigts de
citer le biomarqueur du confusionnisme politique, *ni droite ni gauche*, zyva
déroule tranquille le tapis rouge aux bruns. Et, *pour les mois des siècles*
plus tard, aujourd'hui, je me dis que l'accélération accélère pas mal en effet,
mais tellement déconnecté par la connexion permanente, je crois qu'on ne s'en
rend pas tout à fait compte. Et comment parvenir à percevoir le présent ?
Le *biggest data as possible*, le *machine-learning* et le capitalisme
forcément férocement fossile ont achevé (ou accéléré) la destruction d'un bon
nombre de secteurs des industries culturelles et des industries tout court, de
disciplines académiques entières, et j'en passe. J'insiste sur le fait que le
processus avait commencé bien avant, avec la marchandisation de tout pour
tenter de sauver le soldat *accumulation du capital*, puis avec la
merdification du même tout, toujours pour tenter de sauver le même soldat, ou à
tout le moins de s'emparer *par n'importe quel moyen nécessaire* de la part la
plus large possible du gâteau dans un *remake* très cru de la Conférence de
Berlin, numéros de série un-huit-huit-quatre et un-huit-huit-cinq. Ce à quoi on
assiste, ou plutôt le train supersonique auquel nous sommes ordonnés de nous
accrocher, *par n'importe quel moyen nécessaire*, n'est qu'un moyen
d'accélérer, justement, un processus démarré il y a au moins cinq décennies, à
l'époque où mentionner l'année mille-neuf-cent-septante-trois pouvait avoir
encore un sens, au moins en Europe occidentale.
Les mêmes automatisent et accélèrent l'invention et la destruction des cibles
prétendument de guerre, en réalité des victimes à immoler sur l'autel de
l'*accumulation du capital* et de son olympe, rien à voir avec un soldat, la
prédiction charnelle des suites de jetons jetés sur la feuille blanche a ses
propres limites et ratés. Et les mêmes participent à l'édification de miradors
automatisé de plusieurs dizaines de mètres de haut qui mitraillent en continu
la population de ce qui reste d'une partie congrue de ce qui était une prison à
ciel ouvert avant trois ans de travail d'éradiction méthodique de tout ce qui
constitue un peuple. Pour ne mentionner qu'une des innombrables scènes du
spectacle hideux de notre civilisation.
Pendant ce temps, une autre destruction voit son accélération s'accélérer, à
savoir celle des équilibres ou limites planétaires qui rendaient la biosphère
telle que l'humanité --- et toute la ribambelle des êtres vivants qui n'ont
rien demandé --- a jamais connu à peu près stable et possible. Ce qui provoque
quelques effets en retour, avec des boucles de réaction positive et non, ce
n'est pas enfin une bonne nouvelle.
La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas que les forêts qui brûlent ou qui sont
rasées pour couler des milliers d'hectares de béton sous forme d'autoroutes et
d'*hyperscalers*, mais aussi les mairies, les boutiques de luxe, les *hard
discounters*, parfois le petit commerce du coin, c'est vrai, les omelettes, les
œufs, tout ça. Et là aussi, l'accélération accélère, même rythme, même pas de
danse. Parce qu'elles et ils ont de moins en moins à perdre, et voilà que c'est
le désespoir qui finit par donner espoir, c'est dire si on les a bien
abandonné-es à elleux mêmes, merde.
Me voilà à nouveau figé devant le miroir, comme un lapin dans les phares d'une
colonne de camions du cyberespace, mais c'est une image parce le monde accélère
toujours son accélération, rien ne sert de m'accrocher à mes insécurités
émotionnelles, et pourquoi faire ? Il y a tant à faire.
À faire.
Les mésanges bleues émeutières n'attendent pas pour accélérer l'accélération de
l'extension de la joie incendiaire.
Toute ressemblance avec des lectures passées, présentes ou futures est
préméditée, dans la mesure de mon processus d'écriture de cancre. Et non, pas
de bibliographie ici.
L'auteur, en toute transparence, reconnaît avoir utilisé l'intelligence
artificielle générative comme un *punching ball*.